Dialogue fantastique
Stocks — inventaire et variation

OPERATIONS COURANTES EXAMEN — cours 18

✨ Dialogue pédagogique

📖 1. La scène fantastique

« Les stocks : le magasin de bonbons de l’entreprise »

Imagine une boutique qui vend des sachets de bonbons. Au début de l’année, il reste déjà des bonbons dans la réserve : c’est le stock initial. Pendant l’année, la boutique achète de nouveaux bonbons pour pouvoir vendre : ce sont les achats. À la fin de l’année, on compte ce qu’il reste dans la réserve : c’est le stock final.

Le problème comptable est simple : tous les bonbons achetés dans l’année n’ont pas forcément été consommés ou vendus. Si des bonbons restent en réserve à la fin, ils ne sont pas encore une vraie consommation de l’année. Il faut donc corriger la charge d’achat grâce à la variation de stock.

La variation de stock sert à répondre à une seule question : est-ce que l’entreprise a consommé plus ou moins que ce qu’elle a acheté ? Le cours ne parle donc pas de banque, de TVA ou de facture à deviner. Il parle d’inventaire, de réserve, de stock initial, de stock final et d’impact sur le résultat.

🧙 2. Le guide fantastique

🍬
Maître Bonbonstock
Gardien de la réserve

Maître Bonbonstock ouvre la porte d’une grande réserve remplie de bocaux colorés. Il dit : « Ici, on ne récite pas les comptes. On compte les bonbons. Si tu comprends ce qui entre, ce qui sort et ce qui reste, tu comprendras la variation des stocks. »

Il pose trois bocaux devant l’apprenti : le premier indique le stock initial, le deuxième les achats de l’année, le troisième le stock final. Puis il explique : « Le résultat ne doit supporter que ce qui a réellement été consommé pendant l’exercice. Les bonbons encore en réserve appartiennent toujours à l’entreprise : ils restent au bilan. »

La règle magique est donc très concrète : on enlève du résultat ce qui n’a pas été consommé, et on ajoute au résultat ce qui vient des anciens stocks consommés pendant l’année.

💬 3. L’apprenti questionne

👱
L’Apprenti

Maître, pourquoi on parle de variation de stock ? On ne peut pas juste enregistrer les achats ?

🍬
Le guide

Non, parce que les achats de l’année ne correspondent pas toujours à ce qui a été réellement consommé. Si tu achètes 1 000 sachets de bonbons mais qu’il en reste 300 en réserve à la fin, ces 300 sachets ne doivent pas peser comme une charge consommée.

👱
L’Apprenti

Donc le stock final réduit la charge ?

🍬
Le guide

Exactement pour les marchandises, matières ou approvisionnements. Le stock final représente ce qui reste. Comme ce n’est pas encore consommé, on diminue la charge de l’exercice avec un compte de variation de stock.

👱
L’Apprenti

Et le stock initial, alors ?

🍬
Le guide

Le stock initial, ce sont les bonbons qui étaient déjà là au début de l’année. S’ils disparaissent pendant l’année, cela veut dire qu’ils ont été consommés ou vendus. Ils doivent donc entrer dans la charge de l’exercice.

👱
L’Apprenti

Comment je calcule la variation ?

🍬
Le guide

Pour les stocks achetés, retiens la logique : variation = stock initial - stock final. Si le stock final augmente, la variation est négative et elle diminue les charges. Si le stock final baisse, la variation est positive et elle augmente les charges.

👱
L’Apprenti

Et pour les produits finis ?

🍬
Le guide

Pour la production stockée, la logique se lit souvent dans l’autre sens : si l’entreprise fabrique plus qu’elle ne vend, le stock de produits finis augmente et cela crée un produit comptable avec le compte 713. Mais pour ton réflexe de base, commence par bien séparer : stocks achetés = 603 ; production stockée = 713.

⚖️ 4. La règle à comprendre

A. L’image des bonbons
Une entreprise achète des bonbons pour les revendre. Les achats sont enregistrés en charge pendant l’année. Mais à la clôture, on compte les bonbons restants. Ceux qui restent ne sont pas encore consommés : ils sont encore un actif, donc ils restent au bilan.

B. La formule pour les stocks achetés
Pour les marchandises, matières premières et approvisionnements, la logique est :

Variation de stock = Stock initial - Stock final

  • Si le stock final est supérieur au stock initial : il reste plus de bonbons qu’au départ, donc la consommation réelle est plus faible.
  • Si le stock final est inférieur au stock initial : la réserve a diminué, donc l’entreprise a consommé une partie de l’ancien stock.

C. Impact sur le résultat
La charge réellement consommée se comprend ainsi :

Consommation de l’exercice = Achats + Stock initial - Stock final

Autrement dit : on prend les achats, on ajoute ce qui vient de l’ancien stock consommé, et on retire ce qui reste encore en réserve à la fin.

D. Comptes à connaître

  • 31 / 32 / 37 : comptes de stocks au bilan.
  • 603 : variation des stocks de matières, approvisionnements et marchandises.
  • 713 : variation des stocks de produits fabriqués par l’entreprise.

🐉 5. Le piège à éviter

🐉

Piège 1 — croire que tous les achats sont consommés.
Si la boutique achète 1 000 € de bonbons mais qu’il reste 250 € en réserve à la fin, la consommation réelle n’est pas 1 000 €. Une partie des achats est encore en stock.

Piège 2 — inverser stock initial et stock final.
Le stock initial est ce qu’on avait au départ. Le stock final est ce qu’on a après inventaire. Ne les mélange pas : c’est comme confondre les bonbons dans le placard le 1er janvier et ceux qui restent le 31 décembre.

Piège 3 — oublier que le stock est au bilan.
Les bonbons encore présents ne sont pas une charge consommée : ils appartiennent encore à l’entreprise. Ils restent donc dans les comptes de stock, au bilan.

Piège 4 — confondre 603 et 713.
Le compte 603 concerne les stocks achetés : marchandises, matières, approvisionnements. Le compte 713 concerne la production stockée : produits finis, produits en cours, services en cours.

Piège 5 — chercher de la banque ou de la TVA partout.
Dans ce cours, le sujet central n’est pas le paiement. Le sujet central est l’inventaire : combien il y avait au début, combien il reste à la fin, et quelle correction il faut passer pour rattacher la bonne consommation au bon exercice.

🧩 6. Le découpage concret avec des bonbons

Étape 1 — Regarder le stock initial

Au 1er janvier, la boutique a 200 € de bonbons en réserve. Ce stock initial représente une réserve disponible au début de l’exercice.

Étape 2 — Ajouter les achats de l’année

Pendant l’année, elle achète 1 000 € de bonbons. Sans inventaire, on pourrait croire que la charge est 1 000 €. Mais ce serait trop rapide.

Étape 3 — Compter le stock final

Au 31 décembre, il reste 300 € de bonbons. Ces 300 € ne sont pas consommés : ils sont encore dans la réserve.

Étape 4 — Calculer la consommation réelle

Consommation = Achats + Stock initial - Stock final. Donc ici : 1 000 + 200 - 300 = 900 €. La charge réelle de bonbons consommés pendant l’année est de 900 €.

Étape 5 — Comprendre le sens

Le stock a augmenté de 100 € : on avait 200 €, on finit avec 300 €. Cela veut dire qu’une partie des achats n’a pas été consommée. Le résultat doit donc être corrigé à la baisse côté charges.

📊 7. Schéma ultra simple

Bonbons consommés = Bonbons achetés + bonbons du début - bonbons restants à la fin

Stock initial

Ce que l’entreprise avait déjà dans la réserve au début.

Achats

Ce que l’entreprise a acheté pendant l’année.

Stock final

Ce qui reste dans la réserve après inventaire.

Variation

La correction qui permet de ne laisser en charge que ce qui a été réellement consommé.

📦 8. Méthode CUMP ultra détaillée avec les bonbons

Le CUMP signifie Coût Unitaire Moyen Pondéré. L'idée est simple : au lieu de chercher quel lot précis sort de la réserve, on mélange mentalement tous les bonbons disponibles et on calcule un prix moyen.

CUMP = Valeur totale du stock disponible ÷ Quantité totale disponible

Image simple

Tu as des sachets de bonbons achetés à plusieurs prix : certains coûtent 2,00 €, d'autres 2,40 €, d'autres 2,60 €. Avec le CUMP, on ne suit pas chaque sachet un par un : on calcule un coût moyen pour valoriser toutes les sorties.

Conséquence comptable

Le coût de sortie est plus lissé. On ne dit pas “ces sachets viennent du lot 1 ou du lot 2”. On dit : chaque sachet sorti vaut le coût moyen pondéré du stock disponible.

1. On pose tous les lots disponibles

Lot 1 — Stock initial
100 sachets
Prix unitaire : 2,00 €
100 × 2,00 € = 200 €
Lot 2 — Achat 1
50 sachets
Prix unitaire : 2,40 €
50 × 2,40 € = 120 €
Lot 3 — Achat 2
150 sachets
Prix unitaire : 2,60 €
150 × 2,60 € = 390 €
Objectif : calculer un seul prix moyen pour tous les sachets disponibles, puis utiliser ce prix moyen pour les sorties et le stock final.

2. Calcul du CUMP, étape par étape

Calculer la quantité totale disponible

On additionne tous les sachets présents : le stock initial + les achats de l'année.

100 + 50 + 150 = 300 sachets

Calculer la valeur totale disponible

On additionne toutes les valeurs : valeur du stock initial + valeur des achats.

200 € + 120 € + 390 € = 710 €

Calculer le coût moyen

On divise la valeur totale disponible par la quantité totale disponible. C'est le coût moyen d'un sachet.

710 € ÷ 300 = 2,3667 €

Arrondir proprement

En exercice, on peut garder 2,3667 € pour les calculs, puis présenter environ 2,37 € si on explique l'arrondi.

CUMP ≈ 2,37 € / sachet

3. Valoriser les sorties avec le CUMP

Repérer la sortie demandée

L'entreprise vend ou consomme 180 sachets. Avec le CUMP, tous les sachets sortent au même coût moyen.

Sortie = 180 sachets

Multiplier par le CUMP

On multiplie la quantité sortie par le coût moyen unitaire calculé juste avant.

180 × 2,3667 € = 426,01 €

Interpréter le montant

426,01 € représente le coût des bonbons sortis de la réserve. C'est la valeur consommée ou vendue.

Coût de sortie = 426,01 €

4. Valoriser le stock final avec le CUMP

Calculer les quantités restantes

Il y avait 300 sachets disponibles. On en a sorti 180. Il reste donc 120 sachets en stock final.

300 − 180 = 120 sachets

Multiplier le reste par le CUMP

Comme on utilise une valeur moyenne, les sachets restants sont aussi valorisés au CUMP.

120 × 2,3667 € = 284,00 €

Contrôler la cohérence

Le coût des sorties + le stock final doivent retrouver la valeur totale disponible. Le petit écart vient des arrondis.

426,01 € + 284,00 € ≈ 710 €
CUMP calculé2,3667 €

Chaque sachet sorti est valorisé au prix moyen.

Coût des sorties426,01 €

180 sachets sortis × coût moyen.

Stock final284,00 €

120 sachets restants × coût moyen.

CUMP de fin de période

On attend la fin de la période, on additionne toutes les quantités et toutes les valeurs, puis on calcule un seul coût moyen. C'est la méthode la plus simple à comprendre en examen.

CUMP après chaque entrée

À chaque nouvel achat, on recalcule un nouveau coût moyen. C'est plus précis, mais plus long : chaque entrée change le prix moyen du stock disponible.

🍭 9. Méthode PEPS ultra détaillée avec les bonbons

PEPS signifie Premier Entré, Premier Sorti. L’idée est de faire une file d’attente : les lots les plus anciens sortent en premier, puis seulement après les lots plus récents.

PEPS = les vieux bonbons sortent d’abord, les nouveaux restent en stock final

Image simple

Dans une boutique, on met les anciens sachets devant pour éviter qu’ils restent trop longtemps. Quand un client achète, on lui donne d’abord les anciens sachets.

Conséquence comptable

Le coût de sortie est calculé avec les prix des lots les plus anciens. Le stock final est donc valorisé avec les lots les plus récents.

1. On pose les lots disponibles dans l’ordre chronologique

Lot 1 — Stock initial
100 sachets
Prix unitaire : 2,00 €
100 × 2,00 € = 200 €
Lot 2 — Achat 1
50 sachets
Prix unitaire : 2,40 €
50 × 2,40 € = 120 €
Lot 3 — Achat 2
150 sachets
Prix unitaire : 2,60 €
150 × 2,60 € = 390 €
Valeur totale disponible : 200 € + 120 € + 390 € = 710 €. Quantité totale disponible : 100 + 50 + 150 = 300 sachets.

2. On visualise la file PEPS

1er à sortirLot 1100 sachets à 2,00 €
2e à sortirLot 250 sachets à 2,40 €
3e à sortirLot 3150 sachets à 2,60 €

Sortie demandée : 180 sachets. On va donc prélever les sachets en partant de gauche à droite : d’abord le lot 1, puis le lot 2, puis une partie du lot 3.

3. Calcul des sorties, étape par étape

Sortir tout le lot 1

Il faut sortir 180 sachets. Le lot 1 contient 100 sachets, donc on le sort entièrement.

100 × 2,00 € = 200 €

Calculer ce qu’il reste à sortir

On devait sortir 180 sachets. On en a déjà sorti 100. Il reste donc 80 sachets à sortir.

180 − 100 = 80

Sortir tout le lot 2

Le lot 2 contient 50 sachets. Comme il reste 80 sachets à sortir, on sort tout le lot 2.

50 × 2,40 € = 120 €

Recalculer le reste à sortir

On a sorti 100 sachets du lot 1 et 50 sachets du lot 2, donc 150 sachets au total.

180 − 150 = 30

Sortir une partie du lot 3

Il manque encore 30 sachets. On les prend dans le lot 3, qui coûte 2,60 € par sachet.

30 × 2,60 € = 78 €

Additionner le coût des sorties

Le coût de sortie PEPS correspond à tous les lots sortis : lot 1 + lot 2 + partie du lot 3.

200 € + 120 € + 78 € = 398 €

4. Calcul du stock final en PEPS

Identifier le lot restant

Le lot 1 est totalement sorti. Le lot 2 est totalement sorti. Le stock final vient donc uniquement du lot 3.

Lot 3 restant

Calculer la quantité restante

Le lot 3 contenait 150 sachets. On en a sorti 30. Il reste donc 120 sachets.

150 − 30 = 120

Valoriser le stock final

Les 120 sachets restants viennent du lot 3, donc ils sont valorisés au prix du lot 3 : 2,60 €.

120 × 2,60 € = 312 €
Coût des sorties PEPS398 €

C’est la charge liée aux bonbons consommés ou vendus.

Stock final PEPS312 €

C’est ce qui reste au bilan dans les stocks.

Contrôle obligatoire710 €

Sorties 398 € + stock final 312 € = valeur disponible 710 €.

Comparaison avec le CUMP

Avec le CUMP, la sortie valait environ 426 €. Avec PEPS, elle vaut 398 €. Pourquoi ? Parce que PEPS sort d’abord les anciens lots moins chers. Quand les prix augmentent, PEPS donne donc un coût de sortie plus faible.

Impact sur le résultat

Si le coût de sortie est plus faible, la marge est plus forte. Et comme le stock final garde les lots récents plus chers, l’actif du bilan est plus élevé.

🧠

Réflexe examen :
Avec PEPS, dessine toujours une file : ancien lot → lot suivant → lot récent. Tu coches les quantités sorties jusqu’à atteindre la quantité demandée. Ensuite, ce qui n’a pas été sorti devient le stock final.

🧠 10. Mini-synthèse finale

La variation de stock sert à ne pas fausser le résultat. Si l’entreprise a encore des bonbons en réserve à la fin, ils ne doivent pas être traités comme consommés. Si elle a utilisé des bonbons qui existaient déjà au début, ils doivent entrer dans la consommation de l’exercice.

Le réflexe d’examen est simple : je repère le stock initial, je repère le stock final, je calcule la variation, puis je comprends si la charge doit augmenter ou diminuer.